Pourquoi le cerveau résiste-t-il au changement?

Quand le cerveau refuse de changer, l'hypnose est LA solution de contournement. Mais...Pourquoi est ce aussi difficile de changer? Pourquoi est-ce plus facile d' accéder aux changements en état de conscience modifié?

HYPNOSENEUROSCIENCESNEUROPLASTICITÉCHANGER DES HABITUDES

Résistance au changement de notre cerveau et hypnose
Résistance au changement de notre cerveau et hypnose

"Je sais que je ne devrais pas… mais je ne peux pas m'en empêcher.

Empêche moi de craquer s'il te plait"

Vous avez probablement déjà prononcé cette phrase. Ou entendu une amie la dire.

Pourquoi est-ce difficile de

changer ?

Pourquoi peut-on vouloir sortir d'une relation toxique, arrêter de fumer, cesser de procrastiner, reprendre confiance en soi, arrêter d'être jaloux… sans y parvenir malgré toute notre bonne volonté ?

La réponse se trouve en grande partie dans le fonctionnement même du cerveau.

Et c'est précisément là que l'hypnose devient particulièrement intéressante.

Car le cerveau n'aime pas le changement. Il aime la prédiction.

Contrairement à ce que l'on imagine souvent, le cerveau n'est pas conçu pour rechercher le bonheur.

Sa mission première : assurer notre survie.

Pour cela, il cherche constamment à anticiper ce qui va se produire.

Les neurosciences parlent aujourd'hui d'un modèle appelé "predictive coding" (codage prédictif).

Selon cette théorie, notre cerveau ne se contente pas d'observer la réalité : il fabrique en permanence des hypothèses sur ce qui va arriver, puis compare ces prédictions aux informations qu'il reçoit.

Autrement dit, nous percevons moins le monde tel qu'il est que tel que notre cerveau s'attend à le rencontrer.

Cette capacité est extraordinairement efficace.

Elle nous permet de :

  • conduire sans réfléchir à chaque geste

  • de reconnaître instantanément un visage familier

  • de faire du vélo

  • d'anticiper les réactions de notre entourage

  • de ne pas nous mettre en danger

  • de faire attention là où nous marchons

Mais elle possède un inconvénient majeur :

Plus une expérience est répétée, plus le cerveau considère qu'elle est "la bonne manière de fonctionner". Les modèles prédictifs deviennent alors difficiles à modifier. Plus nous répétons, plus cela devient automatique

Les habitudes sont des raccourcis énergétiques

Le cerveau représente environ 2 % du poids du corps mais consomme près de 20 % de notre énergie.Il cherche donc naturellement à économiser ses ressources.

Ainsi, chaque comportement répété devient progressivement un automatisme.

Une habitude demande alors beaucoup moins d'effort qu'une décision consciente.

Même lorsqu'une habitude est mauvaise, elle reste souvent plus "rentable" pour le cerveau qu'un comportement nouveau.

C'est pourquoi il est souvent plus facile de refaire ce que l'on regrette déjà… que de faire ce que l'on souhaite réellement.

Les recherches distinguent d'ailleurs les comportements dirigés vers un objectif et les comportements devenus automatiques. Plus un comportement devient habituel, moins il dépend d'une décision consciente.

Pourquoi la volonté ne suffit-elle pas ?

Nous avons longtemps cru qu'il suffisait de "se motiver".

Le fameux : Quand on veut, on peut.

En réalité, la volonté sollicite surtout les régions préfrontales du cerveau, impliquées dans le raisonnement, la planification et l'inhibition.

Or ces ressources sont limitées.

Le stress, la fatigue, les émotions intenses ou la charge mentale réduisent leur efficacité.

Résultat :

vous prenez une excellente résolution le matin…

…et le soir, votre cerveau revient vers le comportement qu'il connaît déjà.

Ce n'est pas un manque d'intelligence.

C'est une économie biologique.

Le cerveau préfère le connu… même lorsqu'il fait souffrir

Voilà une idée qui surprend souvent.

Pour le cerveau, le familier est généralement interprété comme plus sûr que l'inconnu.

Même une situation inconfortable peut être préférée à une situation nouvelle.

C'est pourquoi certaines personnes restent dans :

•⁠ ⁠une relation toxique,

•⁠ ⁠une anxiété chronique,

•⁠ ⁠une faible estime d'elles-mêmes,

•⁠ ⁠une addiction,

•⁠ ⁠une peur ancienne.

Non parce qu'elles aiment souffrir.

Mais parce que leur cerveau sait déjà comment fonctionner dans cet environnement.

Changer signifie créer de nouvelles prédictions, de nouvelles réponses émotionnelles et de nouveaux automatismes.

Cela demande du temps. cEla demande de l'énergie au cerveau.

Pourquoi l'hypnose peut-elle faciliter ce changement ?

L'hypnose ne "reprogramme" pas le cerveau d'un simple claquement de doigts.

En revanche, elle crée un état de conscience modifiée, caractérisé par une attention focalisée et une plus grande ouverture à certaines suggestions. La personne reste consciente, mais son attention est orientée différemment, ce qui facilite l'exploration de nouvelles façons de percevoir une situation ou de réagir.

Pendant cet état :

•⁠ ⁠l'attention se focalise davantage

•⁠ ⁠les automatismes peuvent être revus

•⁠ ⁠l'imagination devient un véritable laboratoire d'expériences mentales.

Le résultat désiré devient connu pour l'inconscient.

Le cerveau adore apprendre par l'expérience.

Et il fait souvent une différence beaucoup plus faible qu'on ne l'imagine entre une expérience intensément imaginée et une expérience réellement vécue sur le plan des réseaux cérébraux activés.

C'est précisément ce qui rend les expériences hypnotiques si puissantes et efficaces en thérapie.

L'hypnose : un détour plutôt qu'un affrontement

Beaucoup de personnes essaient de changer "contre" leur cerveau.

L'hypnose propose souvent une autre logique : travailler AVEC lui.

Si votre esprit fonctionne d'une certaine façon, alors c'est ok, on l'accepte et on l'utilise. C'est le propre de l'hypnose ericksonienne, elle est utilisationnelle. Il y a moisnde résistance puisqu'on ne se combat pas. On propose simplement de nouvelles solutions. C'est une négociation.

Plutôt que de lutter contre une peur, une croyance ou une habitude, on cherche à créer progressivement de nouvelles associations émotionnelles et comportementales.

Le cerveau apprend alors qu'il existe une autre manière de réagir.

Petit à petit, cette nouvelle voie devient elle aussi familière.

C'est le principe même de la neuroplasticité : les réseaux neuronaux évoluent en fonction des expériences répétées.

Changer ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre

Le changement ne consiste pas à effacer qui vous êtes.

Il consiste à offrir à votre cerveau suffisamment d'expériences nouvelles pour qu'il cesse de croire que les anciens automatismes sont les seuls possibles.

Votre cerveau n'est pas votre ennemi.

Il fait simplement son travail : protéger ce qu'il connaît.

L'hypnose permet parfois d'ouvrir une porte que la seule réflexion consciente peine à pousser.

Et lorsque cette porte s'entrouvre, le changement devient souvent moins une lutte… qu'un apprentissage.

Références et ressources scientifiques

  • Dolan R.J. & Dayan P. (2013). Goals and Habits in the Brain. Neuron.

  • ⁠Gillan C.M. et al. (2015). Model-based learning protects against forming habits. Cognitive, Affective, & Behavioral Neuroscience.

  • Bowman H. et al. (2023). Is Predictive Coding Falsifiable? Neuroscience & Biobehavioral Reviews.

  • Heil et al. (2024). How hypnotic suggestions work – A systematic review of prominent theories of hypnosis. NeuroImage.

  • Horváth K. et al. (2022). Inhibitory control hinders habit change. Scientific Reports.

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Hypnothérapeute certifiée.

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